Sommaire du n°627
Cap Corse Imprimer Envoyer
Écrit par Sébastien Laugier   
Mercredi, 30 Mars 2005 01:00

Une semaine autour du cap Corse

A bord de Cardamome, le Lagoon 410 que nous avons loué à Sunsail- Corse, nous faisons cap au 80 pour 30 milles de traversée entre Bastia, où nous venons d'avitailler et embarquer une partie de l'équipage, et l'île d'Elbe. Fameux caillou à propos duquel les guides précisent que : " Tout au long de ses 147 km de côtes, elle présente une succession de golfes, de criques, de plages de sable et de falaises abruptes." Le beau temps nous permet de naviguer à vue. Au bout de cinq heures, dont une bonne moitié au moteur - nous sommes en Méditerranée ! -, nous atterrissons au nord-ouest de l'île, à quelques encablures du cap de San Andrea, dans un magnifique mouillage complètement désert. En ce mois de mai, nos compteurs indiquent que l'eau, cristalline, est à 24 °C. Nous ne nous faisons pas prier pour prendre notre premier bain italien !
 

Carnet de route

Les sites

Tout en musardant le long de la côte qui présente peu de dangers, notre deuxième étape nous mène jusqu'à Portoferraio. Les 11 000 habitants du chef-lieu de l'île se répartissent entre la ville moderne, avec ses hôtels et ses magasins, et la vieille ville, au coeur des fortifications. C'est ici que nous accostons, cul à quai dans le vieux port, tout près des cafés et glaciers. Seul inconvénient, la route passe tout près des bateaux. A moins d'être féru de vieilles Vespa et autres Fiat 500, ce n'est pas très réjouissant. Passage obligé, nous partons visiter la villa des Moulins, qui accueillit Napoléon lors de son séjour dans l'île. Elle se situe dans la partie haute de Portoferraio, entre le fort Stella et le fort Falcone. A 10 minutes de marche du port, on peut visiter le salon de réception et la chambre qu'occupa l'illustre hôte. Cela mérite un détour, ne serait-ce que pour la vue sur mer et le phare de Scoglietto qui marque l'entrée du golfe de Portoferraio. Nous reprenons la mer, direction l'anse de Cavo, à l'extrême pointe septentrionale de l'île. Il s'agit d'un hameau de pêcheurs en pleine expansion, doté d'un petit port où il est possible de faire de l'eau et du carburant. Nous mouillons par 5 m d'eau juste en face du village, à l'abri du cap Castello, un petit promontoire sur lequel est bâtie une superbe villa romaine. Si le mouillage n'est pas très sauvage, l'eau n'en est pas moins complètement transparente et nous profitons ici de la dolce vita si chère à l'Italie…

 

Les mouillages idylliques se succèdent. Seul reproche : les constructions qui défigurent parfois des sites qui auraient dû rester sauvages. Néanmoins, il reste pas mal de beaux coins, comme par exemple cette crique derrière le petit lac de soufre de Terranera, au nord-est de porto Azzuro, réservé aux catamarans vu le manque d'eau aux abords de la plage. Ou encore dans le golfe de Stella, un magistral coucher de soleil, au mouillage sur la côte est, juste sous le village perché de Capoliveri que nous visiterons le lendemain matin, à l'heure où les écoliers courent dans les petites rues du village… Notre dernière escale à Elbe sera, de l'avis général, la plus belle : l'anse de Fetovaia, au sud-ouest, juste derrière la pointe du même nom. Nous mouillons par 4 m d'eau sur un fond de sable blanc. L'eau, d'un vert turquoise digne des Antilles, vient mourir sur une plage de sable blanc parfaite.

Trois jours ont passé, bye bye l'île d'Elbe, cap au nord, direction Capraia, un îlot rocheux de 19 km2, à 18 milles de là. Le seul mouillage abrité de ce rocher qui culmine à 465 m est l'anse de Ferraione, tout près du port du même nom. De l'anse, nous accédons au village de Capraia, où nous trouvons quelques commerces après une montée abrupte. Sur les hauteurs, un joli fort délabré trône face à la mer.

D'ici, nous apercevons le cap Corse, que nous laisserons normalement sur bâbord cette nuit pour descendre ensuite directement sur le désert des Agriates. Le coup de mistral modéré annoncé est bien au rendez-vous : l'occasion pour nous de parcourir à la voile les 41 milles qui nous séparent de l'anse de Malfalcu.

 

A ne pas manquer

L'incontournable

Après quelques heures de près peu confortables, nous naviguons bon plein à 10 noeuds de moyenne par 25 noeuds de vent, au milieu du rayon de pleine lune, un ris dans la grand-voile et génois à demi roulé " pour être tranquilles". Nous avons pris notre quart à deux heures avec Olivier et Sébastien et parlons très peu, nous contentant de profiter de l'instant, féerique… Tout est calme à bord de Cardamome, les six autres passagers dorment paisiblement, bercés par le roulis.Nous avons atteint notre deuxième objectif : la partie la plus sauvage de la côte corse. Notre traversée n'a pas été de tout repos puisque le vent a tourné plus tard que prévu, ce qui nous a obligé à faire du près une partie de la nuit, allure qui ne convient guère aux catamarans de croisière…

Le désert des Agriates se situe entre Calvi et Saint-Florent. Il s'agit d'une zone desservie uniquement par un chemin de douaniers, autorisé exclusivement aux randonneurs à pied, à cheval ou en vélo. Aucun village aux alentours… Magique, d'autant plus que les trois mouillages principaux qui le jalonnent sont plus beaux les uns que les autres. Nous avons choisi pour atterrir le plus à l'ouest, l'anse de Malfalcu, où l'on entre par une passe assez impressionnante, entre deux rochers. Dès la passe embouquée, on se retrouve dans un lagon aux eaux claires et peu profondes - attention d'ailleurs à ne pas s'approcher trop près, il y a des hauts-fonds. " Des vaches !" Charlotte et Antoinette sont les premières à repérer ces animaux en liberté dont la présence sur les plages étonne toujours les visiteurs de l'île de Beauté. " L'ancre est au fond, elle est accrochée" annonce Enak. Ici aussi, l'eau est transparente, et Enak n'a aucun mal à voir l'ancre travailler sur le sable. L'anse de Malfalcu est si étroite que nous préférons porter une ancre à terre car nous ne pouvons pas nous permettre de tourner.

Quelques milles plus à l'est, nous serons quasiment seuls au mouillage sur la plage de Saleccia. Les fonds de sable peu profonds transforment cette anse, bordée d'une plage de sable blanc d'un kilomètre, en piscine.

Enfin, la plage du Loto, quelques milles encore plus à l'est, presque à l'entrée du golfe de Saint-Florent, est elle aussi un petit coin de paradis. Il s'agit d'une plage de sable fin, au fond d'une anse plus fermée qu'à Saleccia. Seul hic, le ponton d'accostage des " promène-couillons" qui vomissent ici des flots de touristes toutes les demi-heures à partir de début juin. Un conseil : arrivez après 18 h, quand la dernière navette rentre au port, et appareillez avant 10 h, quand la première arrive…

Notre croisière se termine. Un petit tour par la très belle anse de Fornali, juste en face de Saint-Florent, une escale au port de cette ville, un stop au microscopique et pittoresque port de pêche de Centuri en remontant vers le nord, et c'est déjà l'heure du retour. Nous repassons par le cap Corse en le laissant cette fois sur tribord, et sommes une nouvelle fois étonnés des perturbations qui dérèglent notre GPS précisément à cet endroit… Etonnant aussi, le phénomène météo qui fait que nous avons 15 noeuds de vent sur le cap alors que 2 milles plus loin, c'est la pétole molle !

Enfin, voici Macinaggio, où nous rendons Cardamome. Difficile de croire que nous étions ici il y a seulement une semaine, tant nous avons vu de choses différentes et avons le sentiment d'avoir fait deux croisières. C'est toute la magie de ces sept jours autour du cap Corse. Nous reviendrons !

 

Guide pratique

Généralités

On parle italien dans les îles de Toscane. Comme chacun sait, l'italien est une langue universelle, dès lors qu'on parle avec les mains !

Transports

L'aéroport le plus proche de Macinaggio est Bastia. Comptez moins de 200 e par personne si vous prenez vos billets suffisamment à l'avance. Air France propose plusieurs vols par jour. Notre loueur, Sunsail (www.sunsail.com), s'occupe de vos billets d'avion si vous le souhaitez, avec des tarifs très concurrentiels. Vous pouvez aussi traverser en ferry. C'est moins cher (moins de 100 e AR), mais plus long ! Vous pourrez arriver à Bastia depuis Marseille, Toulon ou Nice par la SNCM (www.sncm.com) ou Corsica Ferries (www.corsicaferries.com).

Loueurs

Sunsail à Macinaggio. Du Sun Odyssey 34.2 au Bénéteau 50 pour les monocoques, un Athena 38 et un Lagoon 410 pour les catas, la gamme est complète. Elle est idéalement placée si vous souhaitez faire la croisière que nous vous proposons ici. Macinaggio est à environ une heure de l'aéroport de Bastia. Pour vous y rendre, mieux vaut louer une voiture que vous rendrez sur place. Chez Hertz, le seul loueur ayant un bureau à Macinaggio, la journée de location est à moins de 100 e. Prendre un taxi revient deux fois plus cher.

Ravitaillement

Si vous louez chez Sunsail, votre bateau est approvisionné à votre arrivée (selon la liste que vous leur avez faxée). Si vous passez par Bastia, il y a un hypermarché au pied des pontons. Il ne faut en aucun cas passer à côté des spécialités corses : charcuteries, fromages, vins…Pour ravitailler en cours de croisière, le nouveau port de Portoferraio à Elbe possède un supermarché. En revanche, vous ne trouverez aucune boutique dans le désert des Agriates.

 

             
Mise à jour le Mercredi, 07 Mai 2008 13:37
 
 

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